Nutrition des plantes
Le cycle des éléments nutritifs
Le cycle de la matière sur Terre a de quoi donner le vertige, avec tous ces éléments nutritifs qui circulent d'un point à l'autre du système. Quand nous nourrissons la culture, nous obtenons des plantes vigoureuses, qui fleurissent bien et donnent de belles récoltes.
L'A-B-C de la nutrition s'écrit N-P-K
Parmi les éléments que les plantes puisent dans le sol, les plus importants sont l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Il est utile de savoir que l'azote, qui rend les plantes vigoureuses, les rend aussi un peu sensibles au froid. Après le cœur de l'été, évitez donc d'apporter aux vivaces un engrais riche en azote comme la fiente de volaille, l'urine diluée ou la tonte de gazon.
Quand fertiliser et en quelle quantité
La tradition veut que l'on apporte une bonne dose au printemps ou à l'automne, les plantes qui le demandent recevant en plus des apports complémentaires pendant la saison. L'inconvénient de la fertilisation d'automne est que la pluie et la neige entraînent une partie des éléments hors du sol. Si vous fertilisez au printemps, faites-le 2 à 3 semaines avant le semis.
Certaines plantes consomment beaucoup, par exemple les choux, les tomates et les cucurbitacées. D'autres, comme la pomme de terre, demandent moins. Certaines enrichissent au contraire le sol, car les racines des légumineuses, pois et haricots, abritent des bactéries qui fixent l'azote de l'air.
Les indications de culture vous disent si une plante est gourmande ou si elle se contente d'un peu moins.
Quelques types d'engrais
Compost
Le compost est le cœur du jardin. Les déchets de cuisine et de jardin s'y transforment en une terre sombre et riche. Mélangé à la terre, il lui apporte à la fois de la nourriture et une meilleure structure. Un cran plus loin dans l'amélioration du sol, vous pouvez ajouter du bokashi, de préférence mêlé à du biochar.
Paillage et compostage de surface
Le paillage est une forme de compostage de surface. La décomposition se fait sur place, pendant que les plantes poussent. Tonte de gazon, adventices arrachées et autres matières vertes se déposent entre les plantes, à même le sol. L'effet est plaisant à regarder, un peu comme un paysage de hobbits. Si vous avez accès au varech vésiculeux, c'est également un bon matériau de couverture.
Le paillage retient l'eau dans le sol, étouffe les adventices et libère de bons éléments nutritifs en se décomposant. Comptez une dizaine de centimètres. Le matériau reste alors humide en dessous, ce qui assure une décomposition efficace. Les adventices arrachées peuvent y figurer. Posez-les sur le dessus, racines vers le haut, pour qu'elles sèchent au soleil. Nous évitons en revanche les adventices à rhizomes.
Inconvénient: les limaces aiment s'abriter sous le paillis.
Urine diluée
L'urine est un excellent engrais azoté. Diluez une part d'urine dans neuf parts d'eau. Il existe des récipients combinant pot et arrosoir qui facilitent l'opération.
Fumier
Le fumier de vache, de cheval, de mouton et de volaille nourrit bien la planche de culture. Pour une culture sans produits de synthèse, choisissez un fumier issu de l'agriculture biologique, provenant d'animaux qui n'ont pas pâturé sur des surfaces traitées. Le fumier frais peut brûler les racines et doit donc reposer un temps avant emploi. Le sang séché, la poudre d'os et l'émulsion de poisson sont d'autres apports d'origine animale.
Purin d'ortie
Faites tremper des orties et laissez le mélange fermenter sous couvercle au moins 3 à 4 jours, davantage si possible. L'odeur sera épouvantable, mais c'est une vraie cure pour les plantes. Comme l'urine, le purin se dilue avant emploi. S'il a fermenté deux semaines ou plus, mélangez-le à neuf parts d'eau. S'il n'a fermenté que quelques jours, mettez moins d'eau.
Vous pouvez aussi préparer un purin à partir d'autres plantes vertes, par exemple la grande consoude.
Cultivez le sol
Quand nous nourrissons les plantes, c'est en réalité le sol que nous nourrissons. Sous la surface vit un écosystème complexe de petits animaux, de champignons et de bactéries. Cette micro-vie décompose les éléments nutritifs et les restitue sous une forme que les plantes savent utiliser. Et si ce que nous cultivons se mange, ces éléments finissent en nous. Le cycle tourne, encore et encore.
Auteur: Johanna Damm
Vérifié par Erik Hoekstra
Dernière mise à jour 2022-10-14
